Le Mont Valérien en quelques chiffres

Catégories Histoire du Mont-Valérien

Situé dans la commune de Suresnes (Hauts-de-Seine), le Mont-Valérien détient un triste privilège. C’est le lieu où, en France, les nazis ont fusillé le plus grand nombre de patriotes durant la période 1941-1944. Aujourd’hui 1 008 noms sont inscrits sur le monument du souvenir. Ce chiffre n’est sûrement pas définitif, il est susceptible d’évoluer avec la découverte de nouveaux éléments, comme cela s’est produit depuis l’inauguration du monument le 20 septembre 2003.
Commençons par les grands équilibres. La totalité des fusillés est de sexe masculin. Les Allemands ne fusillaient pas les femmes. Elles étaient guillotinées. 65 % des exécutés (résistants et otages) étaient communistes. Les études récentes, en particulier celles de Thomas Fontaine, montrent que cela correspond à une volonté des nazis ; ils fusillaient ceux qu’ils considéraient comme les plus dangereux donc principalement les communistes. La déportation était plutôt appliquée aux autres résistants, mais les comunistes étaient nombreux au sein des déportés de répression. Parmi les otages – qui représentent 40 % des fusillés – 90 % étaient ce que les nazis nommaient des judéo-bolchéviques. Ceci est le révélateur du fait que le choix des otages était dirigé politiquement. Il s’agissait d’éliminer en priorité ceux considérés comme les opposants les plus déterminés au fascisme. 17 % des suppliciés étaient d’origine juive et 22 nationalités sont représentées.
Les Français d’origine représentent 78 % des exécutés. Ceci signifie que les étrangers sont bien plus nombreux en pourcentage que ce qu’ils représentent de la population totale vivant en France.
Toutes les tranches d’âge sont présentes, mais il apparait évident que les résistants étaient jeunes. Les moins de 40 ans sont 69 % de la population concernée.
Ces quelques éléments permettent de se faire une idée de la politique répressive appliquée par les nazis. On peut raisonnablement penser que les chercheurs auront dans les années à venir accès aux documents de l’armée allemande afin de pouvoir valider définitivement les hypothèses faites. Toutefois, il est à craindre qu’un grand nombre de documents ait été détruit par les Allemands eux-mêmes lors de la Libération de Paris. Cela ne change rien à la barbarie. Les fusillades furent massives et visaient à empêcher, par la mise en place d’une politique de terreur, toute vélleité de résistance. Mais personne ne peut opposer à la volonté d’un peuple. Les fusillés ne sont pas morts en vain.

Georges DUFFAU-EPSTEIN

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